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  • Caroline

Quelques aperçus d'une séance - Délice 2/2


Je ne l’ai pas fait dans le 1er post et je voudrais remercier Yuki d’avoir accepté que je parle de Délice dans ces posts. Yuki est une propriétaire engagée dans le bien-être de sa jument et est quelqu’un d’ouvert et de créatif. Elle a fait plein de connexions pendant la séance entre ce que je trouvais et les comportements qu’elle observait. Cela a été un réel plaisir de la revoir et d’accompagner Délice


Délice 2ème volet !

Au-delà de l’aspect physique du cheval, il y a une composante psychologique et émotionnelle. Une partie des analyses que je fais pendant les séances vient de Masterson : Jim m’a fait comprendre que le cheval est un animal naturellement coopératif et que s’il dit non, c’est qu’il y a une raison. Il a l’habitude de dire « the horse is always right » : « le cheval a toujours raison ».


Par ailleurs, il enseigne également que résister ne sert à rien, que ce soit dans les relations aux chevaux ou aux humains (je vous renvoie à mon post sur le "non" des chevaux si vous souhaitez en savoir plus ). En effet, dans un conflit, plus on résiste, plus on envenime la situation. Il ne peut pas y avoir de résultat positif si l’un des 2 protagonistes ne baisse pas la garde et décide d’instaurer d’un dialogue, de comprendre l’autre. D’où le fait que lorsqu’un cheval résiste à une technique ou un mouvement en séance, nous cédons dans un premier temps ; l’idée est d’instaurer ce dialogue , créer cette confiance qui fait que le cheval se découvre et ose montrer où sont ses tensions

L’autre partie de ma pratique est plus personnelle. Une autre chose que Jim dit est qu’il n’y a pas « une » Méthode Masterson, il y a « des Méthodes Masterson ». C’est un outil qui s’intègre parfaitement avec de nombreuses autres modalités (ostéo, cranio-sacrale…). Personnellement, j’ai un penchant pour l’aspect énergétique, psychologique et émotionnel du cheval.

Petit retour en arrière pour vous expliquer d’où cela vient : Lors de mes 2 ou 3 premières séances de cas d’étude, j’arrivais comme j’étais (comme au Mac Do ). Et cela m’a valu de « belles » surprises . J’avais une tendance à la colère refoulée et les chevaux me l’ont bien fait comprendre. Les séances manquaient de calme, les chevaux ne se relâchaient pas aussi bien que ce que j’espérais. Grosso modo, j’arrivais avec 1. Des attentes et 2. Une charge émotionnelle


Ces expériences m’ont beaucoup servi. J’ai bien compris que les chevaux lisent en nous comme dans un livre et j'arrive toujours centrée et ancrée aux séances que je pratique, c’est-à-dire sans pensées ni émotions parasites, dans l’instant présent. C'est devenu une question d'éthique pour moi.


Au bout de 10 minutes de séance avec Délice, une petite alerte dans mon cerveau me dit que je suis stressée. J'ai presque les mains qui tremblent, je suis hyper speed, j'ai du mal à me concentrer Cette alerte me donne une image de ce qui se passe chez Délice à ce moment-là. Donc je comprends intrinsèquement le comportement de cette louloute qui fait de son mieux malgré son stress, avec les moyens du bord, son vécu, sa personnalité.


Ce qui est fort, c’est qu’une fois que l’on prend conscience d’une émotion qui ne nous appartient pas, elle s’en va. Je peux donc redevenir centrée, à l’écoute et en observation, ce qui permettra, entres autres, à la jument de se calmer.

James Trust (de la Trust Technique) explique ce fonctionnement assez bien : lorsqu’un animal a une charge mentale élevée, comme c’était clairement le cas pour Délice, il n’est pas disponible pour le dialogue. Et souvent, ces animaux ne savent pas que de calmer le flot de pensées fait du bien physiquement et psychologiquement. Ceci est également le cas pour les humains d’ailleurs !


Je rajouterai que les animaux ne savent pas qu’ils ont réellement besoin de calmer cette charge mentale pour que leur corps fonctionne correctement. En effet, quand on a une charge mentale élevée, le système nerveux est en mode sympathique, qui n’est le mode de l’action, du stress, de la fuite ou du combat (voir post précédent pour le détail ou sur le blog de mon site). Ce mode est utile pour la survie mais il doit être contrebalancé par le mode « parasympathique » du système nerveux, qui est le mode du calme, de la détente, de la récupération, du sommeil, de la socialisation. Si notre système sympathique/parasympathique n’est pas équilibré, le corps n’est pas équilibré et notre mental ne l’est pas non plus. C’est pour cela qu’en Méthode Masterson, un de nos objectifs est d’accompagner le cheval pour qu’il passe en mode parasympathique


Lors de la séance avec Délice, la jument a beaucoup bougé puis a compris qu’elle pouvait se relâcher à la fin. Yuki était présente tout au long du procédé et à un moment donné, je la trouvais un peu blanche donc je lui demande ce qu’elle ressent face à l’agitation de sa jument. Elle me dit qu’elle n’avait pas pris conscience de l’ampleur du côté agité de sa jument, qu’elle pensait qu’elle avait juste de l’énergie (je vous ai dis, une Haflinger sport !). Si la jument avait « juste » de l’énergie, elle se serait relâchée dès le début de la séance et aurait accepté, dans la limite de ses possibilités, mes demandes.

Ici, ce qui est ressorti, c’est la notion de contrôle. Il est très compliqué pour Délice de se dire qu’elle peut lâcher prise, c’est une question de survie pour elle. Une fois que l’on se place de ce point de vue, on comprend mieux ses réactions : au-delà de l’aspect physique dont j’ai parlé dans mon post précédent, j’ajouterai une autre hypothèse : il est possible que Délice ne donne pas bien les pieds car si elle donne le contrôle de ses mouvements (et spécialement de ses pieds) à quelqu’un, cela veut dire qu’elle doit lâcher prise. Et en l’occurrence, il aura fallu presque une séance entière pour qu’elle commence à ouvrir le dialogue vers plus de coopération. Rappelons que je ne suis pas sa propriétaire et que c’était la 1ère fois que je la voyais.


Je pense que cette jument, tout comme sa propriétaire, est très intelligente et sensible. Ce qu’on peut retirer de cette séance, c’est que : 1. Nous ne trouvons pas nos chevaux par hasard, Délice et Yuki ont une personnalité assez similaire et 2. les chevaux sont des éponges à émotions. Si, en plus de les aider physiquement, chacun d’entre nous (humain) apprend à mieux se connaitre et à suivre notre cœur, on obtient des choses assez extraordinaires de nos chevaux. C’est ce que ce couple pétillant nous montre lorsqu'elles sont ensemble


Délice a compris ce que je lui demandais et a ouvert le dialogue. La prochaine séance sera l'occasion de capitaliser sur cette prise de conscience et d'aller chercher plus loin le relâchement . Le but est de l'aider à changer son schéma de compensation et à améliorer le confort de ses antérieurs.


Merci Yuki pour cette opportunité !



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